Fier d’être développeur et Software Craftsmanship

Je participais hier avec Simon Mourier, Nitsan Seniak et Cyril Martraire à une soirée organisée par Alt.Net. La rencontre avait pour objectif de présenter les mouvements “Fier d’être développeur” et “Software Craftsmanship”, d’en comprendre la dynamique et les points de convergence ou de divergence.

Les débats furent assez intenses et intéressants. Après une présentation de chacun des mouvements, il a été demandé à chaque participant (une trentaine de présents) de formuler une question. Ensuite, chacun pouvait voter pour 2 questions afin d’élire les sujets qui seraient traités en trois sous-groupes. Puis les sous-groupes faisaient une restitution au travers de leur animateur et un petit cocktail de clôture permettait de poursuivre les échanges.

 

De mon côté, je retiens surtout des complémentarités entre les deux mouvements, le “Software Craftsmanship” étant un mouvement international visant à améliorer les pratiques du métier, mais au sein de la filière elle-même, alors que le mouvement “Fier d’être développeur” vise plutôt affirmer sa noblesse et la possibilité d’en faire un vrai choix, et ce au-delà de la seule audience des développeurs, mais sur le marché français. Il suppose néanmoins déjà de parvenir à réunir assez de développeurs fiers d’avoir choisi ce métier.

Ceux-ci seront probablement de bons candidats au mouvement “Software Craftsmanship”, qui manifeste la volonté permanente de s’améliorer. Dans un métier en perpétuelle évolution, c’est un pré-requis pour être réellement un bon développeur et je crois aussi personnellement à l’élément “mentoring/compagnonnage” poussé par ce mouvement. Encore faut-il qu’il reste assez de développeurs séniors pour le faire !

 

Par ailleurs, le plus gros “cluster” de questions posées par les participants portait sur la reconnaissance du métier de développeur. Abordée sous des angles très différents, en se demandant si c’était le développeur qui était incompétent ou les autres qui ne comprenaient pas son métier, il n’en reste pas moins que le problème de reconnaissance est réel. Ce constat fut très partagé et c’est justement le point fondamental auquel s’attaque “Fier d’être développeur”.

 

Quelques sujets ayant porté à débat :

  • Est-ce la pression sur les prix qui fait qu’on ne peut avoir des ressources compétentes dans le métier du développement ?
  • Est-ce qu’on récupère de la mauvaise qualité par l’off-shore, ou est-ce qu’on fait de l‘off-shore parce qu’on a supprimé l’exigence de qualité ?
  • Est-ce que la qualité est réellement au rendez-vous même lorsqu’on prend des ressources locales (taux d’échec des projets toujours élevé) ?
  • Les grandes SSII qui cassent les prix dans des logiques de volume avec une qualité minimale sont-elles la cause de tout cela ou subissent-elles les contraintes des services “achats” ?
  • Un mouvement tel que “Software Craftsmanship” est-il élitiste ou constitue-t-il une démarche de démocratisation des bonnes pratiques ?
  • L’estime du développeur passe-t-elle uniquement par une problématique de salaire ou également par le respect de son rôle ?
  • Est-ce que le problème de reconnaissance du métier du développement est réellement une spécificité française ?
  • Le problème n’est-il pas à régler à la source au niveau des écoles et de l’enseignement ?
  • La culture fortement hiérarchisée n’est-elle pas un problème français au-delà du seul métier du développement ?
  • Le slogan “Fier d’être développeur” n’est-il pas prétentieux et la fierté ne doit-elle pas reposer sur le mérite ?
  • Ce combat de “Fier d’être développeur” n’est-il pas totalement vain (syndrome de Don Quichotte) ?

 

J’essaierai d’aborder certains d’entre eux dans de prochains billets histoire de poursuivre le débat en ligne et permettre à tous de commenter. D’ailleurs, puisque le thème de l’off-shore et de la notion de jour-homme est revenu sur la scène un bon nombre de fois, j’en profite pour pointer un billet que j’ai écrit ce mois-ci sur le blog de SoftFluent au titre un peu provocateur “Le mythe du mois-homme Indien”. N’hésitez pas à commenter, je pense que l’off-shore est tout de même un des axes qui met évidemment une pression forte sur les prix et n’aide pas à valoriser le métier, c’est une évidence.

 

En tout cas, je tiens à remercier Rui Carvalho pour l’organisation de cette soirée et également Valtech qui a mis à disposition ses locaux pour la manifestation d’hier soir.

Daniel COHEN-ZARDI

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